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Aucune présentation de l’Islam ne peut manquer de se référer à Muhammad (Mahomet). Mais elle peut choisir de l’évoquer différemment, soit comme une personnalité historique, liée à son temps et à son milieu et dont l’action reste influente, jusqu’à aujourd’hui ; soit comme le messager de l’ultime religion révélée.
Croire à la deuxième option (ce qui n’exclut pas la première) c’est être musulman.
Car selon la tradition Islamique, Muhammad, l’homme du 7e siècle, est exceptionnel ; il est désigné comme :
le récepteur d’un message divin (Rasûl) qui n’est pas encore divulgué car il le concernepersonnellement ;
le témoin de la divinité (Nabî) qui agit auprès des siens pour la connaissance de Dieu ;
le fondateur d’une religion qui s’adresse à l’humanité, l’élu (Mostafa)
Muhammad n’est ni le premier des anbiya’ (pluriel de nabî), ni le premier témoin, Dieu en adresse à chaque peuple et époque ; Adam, Noé, Abraham, Jacob, Moïse, Jésus ont selon l'Islam le titre de prophète.
Mais il est le seul à disposer des trois qualités. Son rôle est de transmettre directement la parole divine ; il clôt le cycle de la prophétie ; il incarne le privilège d’une relation parfaite et authentique à la loi de Dieu.
La vie de Muhammad, toujours selon la tradition, est exemplaire. C’est pourquoi elle est assidûment commentée et glorifiée.
Quant à son portait, on sait que la tradition Islamique particulièrement sunnite, hostile aux représentations idolâtres, prohibe la représentation des êtres animés. Plus tard, la règle s'assouplira sauf pour ce qui concerne l'image du prophète et de ses compagnons.
Sur la vie de cet homme, les informations sont diverses. Le Coran fournit des indications indifférentes à la chronologie, peu explicites souvent, énigmatiques parfois. Viennent ensuite les premiers textes écrits ; cependant les plus anciens datent de plus d’un siècle après la mort du prophète. Les récits (Hadith) disent s’appuyer sur des sources orales et des témoignages scrupuleusement rapportés, dont uniquement la vérité a été sauvegardée. Ils concernent aussi les gestes des compagnons du prophète. Enfin, il reste les légendes (Sirât). Composées dès le 8e siècle, elles regroupent les sources précédentes et des anecdotes plus controversées, pour servir de base aux biographes.
Les dire et les faire du prophète étaient trop chargés d’enjeux et leur interprétation pouvait trop servir ou desservir les intérêts d’une famille ou d’un clan, pour ne pas être aménagés. La tradition se construit progressivement et se négocie farouchement.
Elle pose la hiérarchie Coran, Hadith, Sirât, comme l’ordre des sources le plus justes pour connaître la vie de Muhammad, du petit groupe de ses premiers fidèles et pour répondre aux questions morales, politiques, quotidiennes qui se posent aux musulmans de par le monde tout au long de l’histoire.
De plus, les troubles et les urgences qui entourent l’émergence de cette nouvelle religion, le caractère d’homme d’action de Muhammad, la faible pratique de l’écriture en ce temps se conjuguent pour faire de l'Islam une croyance qui cherche sa propre vérité et sa vérité d’aujourd’hui tantôt dans l'histoire et tantôt dans une représentation de l’histoire.